
LA QUETE DE LA PERFECTION FORMELLE - Henri, poète à la petite semaine, est littéralement adopté par un couple de bourgeois, les Vernet, qui, éblouis par l aura de ce gacheur de papier, l adoptent, le nourrissent, le logent et l emmènent en vacances en Normandie. Une nièce Vernet les rejoint. Henri devient l amant de la tante et de la nièce.Ce roman n en est pas un puisqu il n y a rien de romanesque dans cette histoire. Henri n attire pas la sympathie (comme Fabrice Del Dongo), ne suscite pas la fascination (tel Julien Sorel ou Fréderic Arnoux) et se révèle irrésistiblement méprisable (cette carapace Renardienne affichant comme signe extérieur une telle veulerie trouve ses origines dans un profond sentiment de rejet-cf Poil de Carotte-). Les Vernet sont stupides, gogos plus ou moins volontairement dupes d un parasite. Alors pourquoi ce livre est-il un des plus grands romans qu il ait été donné de lire et Jules Renard un magnifique écrivain (comme le montre son Journal) ? Tout simplement du fait du style. Cet homme a beau se rabaisser, son écriture le rélève, , sa recherche, à travers une économie de moyens, de la meilleure expression possible, la plus ciselée, la plus aboutie, en fait un authentique artiste concentrant ses moyens sur le Comment et non le Pourquoi. Cette recherche le place en précurseur des travaux du Nouveau Roman (ce qu il n envisageait certainement pas) et le situe au niveau d un Flaubert.On pense aussi pour la qualité de la langue à un Marcel Aymé. Mais, ce qui appartient en propre à Renard, c est cette forme d ascétisme qu il s impose pour atteindre l effet voulu. Mort à 46 ans, mort bien trop jeune, Jules Renard appartient au club des Grands Ecrivains.
Humour blessé - Petit roman séduisant malgré le ton terriblement mysanthrope. De bonnes pages.Moderne, osé avec allusions et phrases à double sens.
un excellent roman! - Voila encore un roman injustement méconnu car excellent et méritant d être lu. L écriture est très juste et drole dans la description de cet écornifleur qui va vilement profiter de l accueil d une famille bourgeoise et multiplier les turpitudes plus droles les unes que les autres. Ce roman se dévoe et on ne le ferme qu après l avoir fini. Un must donc.